Amis Américains : Entretiens avec les grands Auteurs d’Hollywood de Bertrand Tavernier
Amis Américains : Entretiens avec les grands Auteurs d’Hollywood de Bertrand Tavernier
Dans la lignée du Billy Wilder de Camerone Crowe, Bertrand Tavernier enrichit son édition d’Amis américains par des entretiens inédits – notamment avec Alexander Payne, Quentin Tarantino et Joe Dante – et de prestigieux documents iconographiques. « Amis américains est un livre de spécialiste, un ouvrage d’érudition, un volume de mémoires. Cela dit, prenez-le comme il vous plaira. Vous n’êtes pas obligé de commencer par la première page, ni d’obéir à la logique du chapitrage adopté par l’auteur. Vous pouvez regarder d’abord les illustrations, choisies souvent parce qu’elles incarnent le cœur même du fétichisme cinéphilique (affiches, calicots publicitaires, couvertures de magazine, etc..). Vous pouvez vous promener d’un cinéaste à l’autre, sans souci chronologique ou stylistique. Vous remarquerez alors combien d’entre eux obsèdent les autres, toutes générations confondues : John Ford, Roger Corman ou même Edgar G.Ulmer, pour ne citer que ces quelques noms. Vous pouvez parcourir les paragraphes introductifs, complétés ces derniers mois par Bertrand Tavernier depuis une salle de montage, une chambre d’hôtel ou le fauteuil d’un avion. Ce sera une première manière de survoler ce continent qu’il vous propose d’explorer plus en détail. Quoiqu’il en soit, pour atteindre la fin du voyage, pour en saisir l’intense nécessité, des jours de lecture vous seront nécessaires, peut-être plusieurs mois. Et ce livre, à coup sûr, vous accompagnera de nombreuses années. D’ici là, le plaisir de lecture se sera mêlé au vertige des filmographies. A moins que ce ne soit le contraire. Introduction part II par Thierry Frémaux, extrait des « Amis américains » Entretiens avec les grands auteurs d’Hollywood-Ed Institut Lumière/Actes Sud
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La réédition en 2008 de la somme de Bertrand Tavernier sur les grands cinéastes américains est une merveille pour tous les cinéphiles. C’est une véritable bible que nous offre Bertrand Tavernier, enrichie et actualisée par rapport à l’édition de 1993 qui était devenue introuvable. Par rapport à l’édition d’il y a 15 ans, on trouvera notamment de nouveaux entretiens et de nombreuses postfaces 2008, courtes ou longues selon le cas.
28 cinéastes sont présentés à travers des introductions synthétiques, une filmographie, des entretiens qu’il a réalisés avec eux, des entretiens avec des témoins de leur temps, et de nombreuses photos des films et de leurs affiches d el’époque.
Le livre est bien structuré et organisé de façon très claire. On y découvre tour à tour:
Le parrain: John Ford
Les grands anciens: Garnett, Henry Hattaway, Edgar G. Ulmer, William A. Wellman
Middle Generation: Boetticher, Delmer Daves, Stanley Donen, Robert Parrish, Richard Quine, Jacques Tourneur, André De Toth
Série B: Roger Corman
Liste noire: Sidney Buchman, Edward Chodorov, Carl Foreman, Zimet, Philip Yordan, Bikerman, John Berry, Polonsky, Elia Kazan, Joseph Losey
Le joueur solitaire: Robert Altman
L’amour du cinéma américain: Alexander Payne, Joe Dante, Quentin Tarantino
Bertrand Tavernier se définit à juste titre comme un cinéaste cinéphile et il a beaucoup apporté au cinéma à ce double titre, en tant que réalisateur et critique passionné. Amis américains est un très beau cadeau à faire ou à recevoir ou à s’offrir, mais c’est du lourd: 996 pages, deux index (par noms et par titres, anglais et français) de 4500 entrées, 800 photos, en tout 5 kilos de textes et de photos. En dépit de son voluume encombrant, Amis américains est plus agréable à lire et à consulter que 50 ans de cinéma américain. C’est une édition de luxe, grand format, richement illustrée et documentée, une mine d’informations très bien présentées sur chaque cinéaste. Bien entendu, il y a des absents, aussi bien parmi les grands anciens que parmi les réalisateurs les plus récents et la liste noire est sans doute surreprésentée par rapport aux cinéastes des autres périodes, mais peu importe, Tavernier a voulu nous offrir une présentation des cinéastes avec lesquels il a eu le plus de contacts. Il faut également rendre hommage à Tavernier pour la reconnaissance de ses erreurs, notamment de ses erreurs de jeunesse. Lorsqu’il a le sentiemnt d’avoir été injuste par le passé, il rectifie le tir, comme il l’avait déjà fait à l’occasion de la réédition de 50 ans de cinéma américain, par exemple ici par rapport à Jacques Tourneur.
Le reproche que l’on peut parfois lui faire est d’aborder de façon excessive les cinéastes américains avec ses propres valeurs. Ceci explique des incompréhensions, par exemple s’agissant de William Wellmann ou Henry Hattaway. Pour le premier, Tavernier ne s’explique pas ses contradictions -selon lui- entre des idées de droite très anti-communistes et la défense acharnée de la liberté d’opinion et du droit alors que Wellmann était de façon tout à fait cohérente dans son esprit profondément attaché à la liberté sous toutes ses formes et au respect du droit. Pour le second, Tavernier considère qu’il s’attache plus à la technique qu’au message de ses films alors qu’Hattaway défend les valeurs américaines, notamment l’individualisme et la volonté.
Note : 4 / 5
Un ouvrage que tout cinéphile se doit de posséder. Bertrand Tavernier manifeste une fois de plus sa connaissance remarquable du cinéma américain. Ces entretiens avec de grands réalisateurs ou des cinéastes plus marginaux ou sous-estimés sont absolument passionnants et permettent de mieux cerner la personnalité des maîtres du 7ème art. Une iconographie abondante et qui était absente de la précédente version rend encore plus attractif ce volume. A lire et à relire sans modération!
Note : 5 / 5
Une merveille pour tous les amoureux du cinéma, mais aussi les amoureux de ce que le cinéma
véhicule en émotion, aventures humaines et épiques. Bertrand Tavernier nous fait partager un travail d’amour, des entretiens recueillis au cours de toute une vie, qui nous montrent si nous ne le savions pas déjà
que l’amour du cinéma est un art de vivre! Ses entretiens des grands anciens comme John Ford sont passionnants, ils nous donnent force détails sur la personne tout autant que sur son oeuvre et sa conception du cinéma, il en est de même pour chaque entretien.
Les affiches comme celle de L’homme tranquille, entre nombreuses autres sont magnifiques,
les photos en noir et blanc aussi. La force mythique du cinéma américain vu et aimé par un Européen est
très vive. Les plaines des westerns du grand écran sont devenues légende au même titre que les ombres et lumières de ses grands films noirs. J’aime aussi l’intérêt que Tavernier
porte à la famille créatrice du cinéma, scénaristes, monteurs, cameramen. Ce livre est indispensable pour les amoureux du 7e art et vous fera rêver dans vos chaumières pendant des années!
Note : 5 / 5
… le monstre au pied du sapin! Pavé absolu – il paraît qu’il pèse cinq kilos, et dépasse en épaisseur à peu près tout ce qu’il y a dans votre bibliothèque en matière de beau livre – la nouvelle édition d’Amis américains vaut tout le bien que vous allez pouvoir en entendre ou en lire ici et là. Tous ceux qui connaissent la cinéphilie à la fois boulimique et sélective de Bertrand Tavernier ne seront pas surpris de voir figurer dans ses amis américains autant Ford et Huston que de nombreux auteurs quasi oubliés ayant souffert du maccarthisme. Textes, entretiens: tout est marqué au sceau de la passion et de la culture acquise au fil de plusieurs décennies par le Tavernier d’abord attaché de presse et critique, puis réalisateur. Ce livre, comme le remarquable 50 ans de cinéma américain, co-écrit avec Jean-Pierre Coursodon, donne d’ailleurs de précieux renseignements – sans compter les anecdotes croustillantes sur les auteurs – pour mieux comprendre à la fois le contexte dans lequel se faisaient les films, et le contexte américain plus large. Quant à l’iconographie, elle est remarquable. Photos de plateau, photogrammes, affiches d’origine: les cinéphiles collectionneurs (et même les autres) seront ravis. Voilà un livre que tout amateur de cinéma américain classique se doit de ne pas rater; ceux qui aiment le cinéma américain et n’en connaissent que modérément l’histoire et certains auteurs emblématiques ou plus oubliés trouveront là une ouverture vers un continent qu’ils souhaiteront sans doute découvrir. Guide ou éclaireur, Tavernier est idéal dans ce rôle. Quant à ceux qui n’ont tout simplement pas la place ou l’argent pour s’acheter ce très beau pavé, qu’ils se précipitent sur 50 ans de cinéma américain: c’est à l’heure actuelle, en dépit de son absence d’actualisation depuis 15 ans, le sésame pour tous ceux qui veulent apprendre, découvrir, réfléchir autour du cinéma américain des années 40 aux années 90 (voire discuter les points de vue et les goûts des auteurs, ce qui est stimulant). Pourvu que Tavernier et Coursodon aient le courage de remettre sur le métier cet ouvrage titanesque (mais beaucoup moins gros, et non illustré) et de passer aux 65 ans de cinéma américain!
Note : 5 / 5