Blake et Mortimer, tome 19 : La malédiction des trente deniers
Ecrit dans la rubrique Les séries de A à Z le 17 avril 2010
Blake et Mortimer, tome 19 : La malédiction des trente deniers
Mortimer a été invité en Grèce pour identifier une découverte archéologique bouleversante : les 30 deniers de Judas. Frappant d’une malédiction quiconque les touche, les pièces seraient la manifestation physique de la colère divine ! Entre de mauvaises mains, un tel artefact entraînerait, à coup sûr, la chute de l’humanité. Et, justement, Olrik vient de s’évader du pénitencier de Jacksonville… Fantasme théologique ou réalité scientifique, le danger est bien réel !
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La première partie de l’album est assez réussie, on retrouve les ingrédients habituels à la série, la seconde partie est moins bonne surtout le dessin qui devient assez approximatif.
Compte-tenu des circonstances trés particulières lors de la création de cet album (décès de rené Sterne…) on restera indulgent.
Dommage ça partait bien.
Note : 3 / 5
J’ai A-DO-RE ! Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai pouffé de rire seul devant mon album… Voici un magnifique retour de Van Hamme mais aussi D’Olrik !!! Colonel ennemi de nos deux héros préférés qui revient plus en forme que jamais. La joie de vivre revient en moi avec le début de ce nouveau cycle ! Génial !
Note : 5 / 5
Le nouveau Blake et Mortimer a déjà sa petite histoire à lui: le scénario de Jean Van Hamme (qui nous avait livré, avec Ted Benoît comme dessinateur, lexcellente reprise initiale sous la forme de lalbum Laffaire Francis Blake) devait être mis en images par René Sterne, qui est mort en cours de réalisation, et sa compagne Chantal De Spiegeleer a repris le travail pour achever cette première partie (le deuxième volume de La malédiction des trente deniers serait dessiné par quelquun dautre). Un vrai pari donc, mais à mon avis un pari gagné: après la déception partielle des Sarcophages du 6e Continent et lhistoire un peu trop vite racontée du Sanctuaire du Gondwana, voilà un Blake et Mortimer vraiment réussi, que jai lu tout de suite avec un vrai plaisir.
Je ne connaissais ni Sterne ni De Spiegeleer de par leurs autres créations en BD, donc je ne peux pas comparer avec le style quils y pratiquaient, mais leur adaptation au style de dessin de Jacobs me semble presque parfaite, et en lisant lalbum, on ne se rend pas vraiment compte du fait quil y a eu un changement de dessinateur / dessinatrice au cours de la réalisation des planches. Seulement si lon compare les premières pages aux dernières, on voit que certaines postures des personnages sont un peu trop rigides et quelques cases un peu vides, mais en général, le dessin est excellent. Comme dailleurs le scénario, qui se base sur un motif biblique et qui témoigne dune recherche historique approfondie, qui nest pas sans rappeler le Mystère de la Grande Pyramide.
Encore à propos du scénario: si linévitable Olrik est de partie, Van Hamme sest décidé à attribuer le rôle des vrais méchants à un groupe dadeptes du nazisme. Cela contribue à lauthenticité et au caractère vraisemblable de lhistoire, certes, mais ce choix me paraît séloigner des principes de lunivers Jacobs.
La seule déception, à mon avis, est le dessin de couverture, qui correspond en fait à la dernière vignette de lalbum. Sil est vrai quil reprend ainsi un moment dramatique du récit, il nidentifie pas lendroit où se passe lhistoire (la Grèce), qui est pourtant dune importance de première ordre pour le déroulement de laction, et de toute façon cette couverture ne me semble pas du tout attrayante. Il y aurait eu des motifs beaucoup plus intéressants à décliner sous forme de dessin de couverture, comme par exemple Mortimer et la jeune archéologue Eleni devant les fresques de la chapelle ensevelie de la planche 39 ou Mortimer avec le reliquaire ouvert et la pièce de monnaie en main de la planche 16. Surtout, je crois que ce dessin de couverture naide pas vraiment à vendre lalbum. Il y a eu de bien meilleurs dessins de couverture comme, par exemple, celui de Laffaire Francis Blake ou celui du Sanctuaire du Gondwana, et peut-être serait-il une bonne idée de publier les éditions ultérieures de cette première partie de La malédiction des trente deniers avec un autre dessin de couverture (il y a déjà eu un cas de ce genre avec La machination Voronov, dont existent deux versions de la couverture).
Ceci dit: ce nouvel Blake et Mortimer est une réussite, et jespère que la deuxième partie de cette aventure sera à la hauteur de la première.
Note : 4 / 5
Superbe aventure, même si le tome 1 nous laisse un peu sur notre faim (histoire de nous faire attendre le tome 2).`
Belle histoire bien encrée dans l’Histoire. Un grand numéro de B&M
Note : 5 / 5
Je suis désolé de ne pas abonder dans le sens de la plupart des autres commentateurs de « La malédiction des trente deniers ». Si le sujet – la trahison de Judas avec ces fameux deniers – fait beaucoup penser à Dan Brown (et cette intrusion du religieux dans Blake et Mortimer a de quoi surprendre), c’est surtout question dessin que le bât blesse.
Je suis comme tout le monde très triste que René Sterne soit mort en plein album. D’autant que les 29 premières planches, de sa main, sont agréables, proches de celles de ses devanciers. Sauf pour les jeunes filles qui sont loin de ressembler à celles qu’aurait dessinées EP Jacobs (autre temps, autres moeurs, n’est-ce pas?).
C’est hélas à partir de la planche 30 – tiens, tiens – que les choses se gâtent. Chantal De Spiegeleer tente de poursuivre le travail de son mari, mais elle a du mal à parodier le style de Jacobs. Elle bâcle le travail, n’arrive pas à se rapprocher du trait précis du Maître, fait de ses jeunes femmes des clones de « Madila », sa série vedette chez Dargaud. Les couleurs, qui étaient auparavant chaudes et proches de celles qu’on trouvait dans l’original de Blake et Mortimer, deviennent maronnasses, ternes, étouffant les dessins. Quant aux visages des protagonistes, ils semblent hésitants, sont déformés et, au final, peu réussis.
J’ai bien conscience d’être sévère mais, en dehors des problèmes inhérents au décès de René Sterne, je juge quand même une bd poussée jusqu’à son terme et vendue. Le lecteur a donc le droit, me semble-t-il, de se débarrasser du fait-divers et de juger l’oeuvre avec une certaine objectivité. « La malédiction des trente deniers » n’est donc, à mon humble avis, pas une grande réussite. D’autant plus que la couverture est, elle, franchement hideuse – dessin mal exécuté et couleurs… pisseuses!
Espérons que le second tome rectifiera le tir…
Note : 1 / 5