La Morale anarchiste
Ecrit dans la rubrique Droit public le 15 avril 2010
La Morale anarchiste
Après Stirner, Proudhon et Bakounine, Pierre Kropotkine poursuit le grand rêve libertaire : ce prince russe devenu géographe de renom se fait le généalogiste d’une morale anarchiste qui dénonce les fausses morales imposées depuis des lustres par » le prêtre, le juge, le gouvernant « . Avec La Morale anarchiste (1889), livre virulent et raisonné, il montre que seul l’instinct d’entraide est le dépositaire des valeurs humaines à construire.
En savoir plus : La Morale anarchiste
Voir aussi :
- Elisée Reclus : Géographe, anarchiste, écologiste
- Un type bien ne fait pas ça… : Morale, éthique et itinéraire personnel de Axel Kahn
- Le Livre Mystérieux de l’Au-Delà : La communication avec le monde spirituel, ses lois et ses buts, expériences personnelles d’un prêtre catholique de Johannes Greber
- Coeur de prêtre, coeur de feu ~ Guy Gilbert
Tags: anarchiste, Morale















































Kropotkine ne perd pas une seule parcelle
de sa crédibilité même des années après sa mort,
ses œuvres sont encore reconnues.
Note : 5 / 5
Dans ce petit livre, Kropotkine part du principe assez commun aujourd’hui que la morale des États n’est que le manteau hypocrite justifiant le pouvoir des classes dominantes ; la chose n’est pas dite en ces termes mais revient à ça. La religion joue bien sûr un rôle important dans ce mécanisme. La question que se posèrent rapidement les rationalistes dès le XIIe siècle, puis les philosophes et les révolutionnaires ensuite fut donc : « pourquoi serais-je moral ? ». Au démontage des justifications d’origine religieuse (facile !) s’oppose ensuite l’argumentaire des utilitariens ou utilitaristes anglais dont ont peut vraiment fixer le premier positionnement théorique avec la publication de « la fable des abeilles » de Bernard de Mandeville (1713). La position de Kropotkine vis-à-vis de l’utilitarisme (A. Smith, celui de la « Théorie des sentiments moraux » à celui de « la richesse des nations », Bentham, Mill), puis du darwinisme social, ne me semble comme souvent dans la pensée « de gauche »- pas toujours très assurée. La recherche de la plus grande somme possible de bonheur pour chaque individu serait-elle liée à la préservation de la race ? Mais surtout, la distinction entre égoïsme et altruisme est-elle un faux problème ? Notons que Kropotkine met la solidarité suscitée par un sentiment inné de sympathie au cœur de la morale libertaire : L’égalité des rapports mutuels et la solidarité qui en résulte nécessairement -voilà l’arme la plus puissante du monde animal dans la lutte pour l’existence-. On peut penser ici au concept orwellien de « common decency » (bien que ce ne soit pas la même chose). Et l’égalité, c’est l’équité.. et c’est l’anarchie même. Voilà qui résume rapidement la position de l’auteur qui s’inspire notamment de l’éthique de Jean-Marie Guyau (1854-1888).
Il va sans dire qu’une bonne partie des problèmes posés dans ces quelques pages demeurent toujours d’actualité.
Note : 4 / 5
Pierre Kropotkine, théoricien de l’anarchie vers la fin du 19ème siècle, résume, comme le titre de cet ouvrage l’indique, toute la pensée de la philosophie libertaire.
Très d’actualité, ce livre dénonce le formatage orchestré par les hautes autorités (église, état, juge…) sur l’homme, forcé d’obéir aux lois (limitant nos libertés) qui sont censées sauvegarder l’ordre dans la société.
Néanmoins, Kropotkine donne une alternative très intéressante a cette non totale liberté : l’homme, dont l’entraide et la solidarité sont des instincts naturels, doit s’émanciper de cette chaîne qu’est l’Etat. L’anarchie propose alors une organisation différente, ou personne n’aurait le pouvoir.
L’Etat serait donc, dans une société anarchiste, remplacé par une foule de principes tels que l’autogestion des entreprises, la démocratie directe, le fédéralisme (notions qui sont a découvrir pour les novices de l’anarchie), eux même encadrés par un principe très simple : celui de la solidarité et de l’entraide.
Ca peut paraître totalement utopique pour certains, mais n’oubliez pas que « Lorsqu’un homme se met a rêver, il ne s’agit que d’un rêve, mais que lorsque plusieurs se mettent a rêver ensemble, c’est le début d’une réalité ».
A l’époque ou l’oppressant capitalisme règne en maître, (et laisse sur le carreau des millions de personnes) ou l’autorité et la hiérarchie sont banalisés, et ou l’égalité dans le monde, a mon opinion, a de quoi être remise en cause, il est encore temps de s’intéresser a la politique anarchiste, qui, même si elle est étouffée par les médias, l’Etat, et le système scolaire qui font en sorte que tout le monde devienne des « bons toutous citoyens » au service du système actuel, demeure une des pensées politiques les plus intéressantes a étudier.
Et qui sait si elle n’aura pas une influence sur le monde futur ? En tout les cas, c’est une théorie politique qui mériterait d’être au moins plus connue.
Note : 5 / 5