Le communisme, une passion française de Marc Lazar
Le communisme, une passion française de Marc Lazar
« Le PCF est certainement mort comme acteur politique, mais il survit par la multitude d’attitudes, de sensibilités et de postures qu’il a essaimées pendant longtemps. » Marc Lazar, historien de la gauche, part de ce constat pour raconter sur une durée d’un siècle la trajectoire et le destin du parti communiste français. Composé de cinq parties, cet essai historique parvient à dégager la spécificité d’un communisme à la française. « Des liens de fer avec l’URSS » qui constituent la première partie du livre, l’auteur passe à ce qu’il nomme « une passion française » en seconde partie. Selon lui, le PCF a la particularité de se revendiquer – à partir des années 1940 – à la fois de la Révolution française et de la Résistance. Ce cheminement spécifique écarte le PCF d’une ligne rouge et internationaliste, et fait évoluer le parti « de la haine de la démocratie à l’assimilation des valeurs démocratiques ». De cette troisième partie découlent deux thèmes fondamentaux qui renouent avec les valeurs universelles auxquels Marc Lazar consacre ses deux dernières parties : la passion du social et celle du bonheur. Que reste-t-il du PCF ? Volontairement, Marc Lazar file la métaphore amoureuse, tant il est vrai pour lui que le PCF a incarné tout au long du XXe siècle une sincérité idéologique fondée sur une égalité des chances et l’espoir d’un mieux vivre pour tous.En 1995 et 1996, paraissaient, tels deux coups de butoirs, deux livres qui réglaient son compte au communisme en tant que système : Le Passé d’une illusion de François Furet et Le Livre noir du communismede Stéphane Courtois. Aujourd’hui, le livre de Marc Lazar scrute ce qu’il reste de la dépouille du communisme. Et si ce cadavre bougeait encore… Jugé par le tribunal de l’Histoire, le parti reste assurément pour Marc Lazar important et fondamental dans la création de la France moderne. Mais, bien mieux, il demeure dans le cœur de bon nombre de gens, « un lieu de mémoire plutôt enchanté qui suscite une grande bienveillance ». –Denis Gombert
Présentation de l’éditeur
Quatrième de couverture
Le communisme est un cadavre encombrant. Marginalisé en politique après avoir, de longues années durant, dominé la gauche française, déconsidéré comme expérience historique du pouvoir, dénué de crédibilité comme projet, le communisme jouit néanmoins d’une curieuse bienveillance d’ordre moral. Aussi a-t-il pu présenter quatre candidats à l’élection présidentielle : outre Robert Hue pour le PCF, on compte Arlette Laguiller (LO, Lutte ouvrière), Olivier Besancenot (LCR, Ligue communiste révolutionnaire) et Daniel Glückstein (PT, Parti des travailleurs). A eux tous, ils pèsent, environ 15% des suffrages exprimés ; les partis sont groupusculaires, mais l’affiche séduit encore. Le passé communiste borne l’horizon de notre présent.Marc Lazar s’interroge sur cette étrange permanence, car la France a constitué un terrain de prédilection du communisme, où il a exprimé cinq grandes passions qui constituent la trame de ce livre : la passion soviétique, la passion totalitaire, la passion de la nation, la passion du social et la passion du bonheur. La thèse est simple : le communisme a cristallisé quelques-unes de nos dispositions culturelles et certains de nos penchants politiques. En retour, le communisme a modelé en profondeur la France, son esprit, son imaginaire, son mode d’être ou encore ses comportements. C’est l’histoire de cette curieuse passion tricolore pour un communisme social, moral et, culturel que brosse, pour la première fois, Marc Lazar.
Biographie de l’auteur
Marc Lazar est professeur à l’Institut d’études politiques de Paris. Spécialiste reconnu de l’Italie et de la gauche ouest-européenne, il a publié de nombreux ouvrages sur le communisme occidental.
- Poche: 245 pages
- Editeur : Librairie Académique Perrin (3 octobre 2005)
- Collection : Tempus
- Langue : Français
- ISBN-10: 2262024073
- ISBN-13: 978-2262024079
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Marc Lazar connaît parfaitement son sujet. Son livre regorge d’informations utiles et remet en perspective l’histoire du PCF, avec ses zones de lumière (souvent mises en avant par ses dirigeants et ses militants) et d’ombre (sur lesquelles ils se montrent beaucoup plus discrets). Je regrette simplement que, contrairement à ce que le titre laisse supposer, il s’agisse plus d’une histoire du PCF que du communisme. Il est dommage, en particulier, que l’auteur n’étudie quasiment pas l’influence qu’a eu et continue à avoir l’idéologie communiste sur l’ensemble du paysage politique et intellectuel français. Comment le communisme a-t-il inspiré les autres partis, PS en tête? Dans quelle mesure les mouvements altermondialistes sont-ils les héritiers du communisme?, etc. Etendre l’analyse à ces questions aurait été intéressant…
Note : 4 / 5