La Guerre et la Paix, tome 1 de Léon Tolstoï
Ecrit dans la rubrique Littérature russe le 22 avril 2010
La Guerre et la Paix, tome 1 de Léon Tolstoï
- Ah ! enlevez ces… enlevez donc ces… (Elle désignait les lunettes.)
Pierre les enleva. Son regard n’était pas seulement étrange comme l’est d’ordinaire celui des gens qui enlèvent leurs lunettes, il était apeuré et interrogateur. Pierre voulut se pencher sur la main d’Hélène et la baiser, mais d’un mouvement rapide et brutal de la tête, elle s’empara de ses lèvres et y appuya les siennes. Le visage d’Hélène frappa désagréablement Pierre par son expression égarée.
«Lisez, relisez ces pages éternelles. N’espérez pas en trouver ailleurs l’équivalent» (Alain).
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Dans la grande tradition de la littérature russe du XIXème siècle. Ce livre se dévore d’une traite !
Note : 5 / 5
La première moitié est excellente : tableaux extraordinaires de la société russe de l’époque (dans les salons, dans l’intimité familiale, à la chasse, sur le champ de bataille) Les nombreux personnages prennent vie avec leurs idéaux et leurs faiblesses.
Ensuite, (après l’entrée de Napoléon à Moscou) Tolstoï se laisse aller à son petit défaut : affirmer ses idées en particulier la franc-maçonnerie et le patriotisme (le merveilleux peuple russe victorieux de toutes les épreuves). Finalement, le roman s’étire trop et perd en qualité. Les personnages eux-même ont du mal à digérer ce trop d’événement.
Et dire que « Guerre et Paix » n’était que l’introduction à un vaste projet. Mais il n’a pas écrit la suite (qui aurait été très politique).
Note : 4 / 5
quand on plonge dans « guerre et paix » on est surpris de n’être pas dans une oeuvre, au sens traditionnel,mais d’être emporté par le fleuve des humains, avec leurs particularités, leurs rêves intérieurs,leurs cassures, l’absolue étrangeté des évènements. Par exemple, pierre bézoukhov veut laver son honneur de mari en provoquant en duel l’amant de sa femme, mais il ne sait pas tirer au pistolet alors que son adversaire est excellent dans les armes.. il tire au hasard,Pierre, et c’est lui qui blesse l’amant de sa femme. mais, au lieu de se réjouir, il est déprimé.Pourquoi? parce qu’il découvre ,qu’au fond, il n’a jamais été amoureux de sa femme et que c’est lui,le coupable,lui le mari, de la tristese de sa femme qui va se consoler ailleurs…c’est toute l’intelligence de Tolstoi de nous montrer la complexité des êtres humains et leur arrière -boutique,leurs pensées secretes, et leurs contradictions.Les hommes, les femmes, mais surtout,les adolescents et les enfants sont sondés, décrits, compris.Ce qui est une absolue rareté. Ni dans Balzac, ni dans Dostoievski,ni même dans Proust les enfants ne sont aussi bien compris. peut-être Dickens.. style sobre, élégant, facile à lire par tout le monde.le livre des livres..sans oublier les reflexions historiques si profondes et le personnage de Koutousov, le chef des armées russes génial qui dort en attendant que l’hiver russe,, un jour, détruise son adversaire,Napoleon.Au fond, le roman aurait dû s’appeler « la vie et la mort. »
Note : 5 / 5
Tolstoï décrit admirablement bien les différents sentiments et états d’âmes de l’être humain. Vous pouvez vous reconnaître dans de nombreuses situations du livre, et c’est pour cette raison que je dis que ce livre est vraiment « humain ». La taille du volume permet de développer en profondeur les cheminements, et les orientations que prennent les vies des principaux personnages et c’est tout à fait passionnant. A cette foule de sentiments, de réactions vient se greffer le côté philosophique, car le comportement des personnages n’est pas anodin, ce livre nous montre toute l’absurdité d’une vie et le sens que nous pouvons lui donner.
D’un point historique, même si ce n’est pas un roman historique, ce livre retrace de grands moments de l’époque napoléonienne.
Note : 5 / 5
J’ai peut-être mis plusieurs semaines à lire LA GUERRE ET LA PAIX, le roman qui pour la plupart des gens incarne l’idée même de pavé ; d’ailleurs j’ignore comment certains font pour le dévorer « en un week-end », comme ils le prétendent ; mais l’oeuvre m’est vite apparue comme le roman total. Des personnages auxquels on s’identifie passionnément, des amours auxquelles on participe corps et âme, et une puissante énigme philosophique qui innerve tout le livre : comment se fait-il qu’à l’échelon individuel nous ayons l’impression de gouverner notre existence, d’agir notre destin, alors qu’à l’échelon des sociétés la volonté de l’individu, fût-il Napoléon, ne compte pour rien, – les événements, les évolutions étant mues par leur propre logique, leurs propres lois ?
La traduction Schloezer (qu’on ne trouve aujourd’hui qu’en Folio, en deux volumes) est la meilleure de toutes celles qui sont disponibles à ce jour ; la plus vivante, et la plus exacte : pas de phrases mutilées ou ôtées comme dans d’autres éditions. À peu de chose près ce que la traduction Markowicz est pour Dostoïevski.
Note : 5 / 5