L’Art d’avoir toujours raison de Arthur Schopenhauer
L’Art d’avoir toujours raison de Arthur Schopenhauer
Simple technique de controverse ou méthode rigoureuse de recherche de la vérité ? Au moment où Hegel achève de construire l’un des plus beaux systèmes philosophiques, tout entier dédié à l’étude de la dialectique en tant que structure de la pensée et de la réalité, Schopenhauer, dans ses cours (non publiés) de l’université de Berlin, ramène cette dernière à peu de choses : trente-huit stratagèmes pour terrasser tout contradicteur, que l’on ait raison ou tort. Pure « escrime intellectuelle », « organe » de la perversité naturelle de l’homme, outil de la déloyauté dans la dispute… On a pu reprocher à Schopenhauer ses lectures par trop réductrices d’Aristote, ou de Kant. Le très intelligent essai de Franco Volpi, qui suit le texte du philosophe allemand (pour ne pas lui donner tort ?), nous décrit avec une efficacité rare les raisons de ces reproches. Mais par-delà le débat philosophique sur le statut de la logique dans la recherche de la vérité, par-delà les querelles des différentes écoles (Aristote/Platon, Kant/Hegel…), qui nous sont résumées ici avec précision, Volpi nous invite à d’autres conclusions. Aux trente-huit stratagèmes succède un Supplément aux premières pages, immédiatement suivi d’un Second supplément, que pressent des Notes sur les premières pages, puis des Notes sur les pages 11 et 12, un nouveau Supplément à la page 11, et enfin une Note sur la page 70… Où chercher la raison de cette impossibilité à conclure ? L’art d’avoir toujours raison manquerait-il donc d’assurance ? Par-delà l’inscription de la raison dans ses formes savantes, de quoi Schopenhauer veut-il tant nous rendre les témoins ? De la condition de l’homme moderne, tout simplement. La possibilité qui nous est offerte d’avoir toujours raison est tout de même moins celle de pouvoir parler pour ne rien dire, que celle d’entraîner la parole à masquer la pensée. Non pas la philosophie, mais le versant de l’aveu. Localiser le site de l’existence humaine. Qu’il y ait toujours à dire et si peu, et que ce dire soit toujours en excédent ou en reste de ce qu’il vise, « …ça qu’est bien avec les mots », comme l’écrira bien plus tard Beckett.
Quatrième de couverture
38 ficelles, tours et autres passes pour garder raison à tout prix en ayant objectivement tort ou comment terrasser son adversaire en étant de plus mauvaise foi que lui. Un court traité à l’usage de quiconque croit sincèrement aux dividendes de la pensée. Rédigé à Berlin en 1830-31 , ce traité fut publié pour la première fois en 1864. Il est suivi dans la présente édition d’une postface de Franco Volpi.
Prix : EUR 2,33
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Non, Schopenhauer n’était pas pessimiste, non il n’était pas cynique, ce n’est pas dire ce qui est (ce qui lui semble être) qui est faire preuve de cynisme. Ici, il ne faudrait surtout pas s’arrêter à une lecture agréable et drôle d’arguments pour « gagner » à tous les coups : la partie la plus interessante est la courte réflexion sur la dialectique eristique. Tout le reste n’est que conséquence de la nature de l’échange oral, qui pousse l’homme (ou plutot parce que l’homme est ainsi fait) à chercher à avoir toujours raison plutôt qu’à progresser vers la vérité. Encore une fois, Schopenhauer fait preuve d’un sens de la psychologie humaine très avancé.
Un ouvrage court, plaisant, et une très bonne illustration de la pensée du maître à condition de ne pas faire de contresens : il ne s’agit ni d’une pensée pessimiste (la nature de l’homme est celle-ci, on peut le déplorer mais c’est autre chose) ni cynique (puisqu’en société, il nous faudra toujours chercher à avoir raison aux yeux des autres – indépendamment de la vérité – autant s’y préparer du mieux possible).
Note : 5 / 5
Un livre pas très intéressant car totalement abstrait. Des exemples auraient été utiles. D’un autre coté j’ai bien aimé l’offrir à quelqu’un reconnu de mauvaise foi. Ca nous a fait rire.
Note : 1 / 5
LE livre de chevet de Claude Allegre ….
C est dire si ce receuil est une référence !
Note : 5 / 5
lecture sans grand intéret;;malgré un titre tape a l’oeil!
bref, sujet d’actualité avec des exemples cités qui ne sont pas d’actualités…donc zero en praticité! -)
Note : 1 / 5
Je pense que ce livre n’est pas mauvais.
Chaque « stratagème » pour « casser » l’adversaire est illustré par un exemple.
Cependant, l’auteur fait beaucoup référence à des philosophes tels que platon ou aristote. De plus, beaucoup de mots latins sont utilisés, et certains ne sont pas traduits (bon, à l’époque de l’auteur, les gens parlaient plus le latin que maintenant aussi), ce qui rend le livre parfois difficile à comprendre.
L’auteur utilise un registre assez soutenu, ce qui rend parfois le livre « lourd » à lire. Mais EN GROS, le livre est plutot agréable à lire.
Note : 3 / 5